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Je suis Caroline, j’ai 35 ans.   

Et je me pose des questions…  

 

Parfois très très emballée,   

Parfois très très désespérée !!  

 

Bonne lecture  ! 

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Mardi 27 mars 2007

Ca m'a frappée à midi quand je suis allée m'acheter quelques canettes de coca light au champion du coin.

Du coup, j'ai voulu vous en faire un article. J'ai même pris quelques notes en rentrant au bureau. Notez la motivation...

Ce soir, je mets donc un vieux CD de George Michael (l'intérêt, quand on déménage, c'est qu'on retrouve ses vieilleries !) et, le temps de faire tourner une lessive et de faire chauffer une soupe et cuire quelques haricots verts, me voilà à vous entretenir de fidélité, d'engagement et de marketing.

Ca m'a donc précisément frappée en écoutant la radio, dans la voiture.

"Quooooaaaaa ? Machin, tu ne connais pas le forfait SANS ENGAGEMENT Orange ? Ouaaaah, machin, t'es nul !". 

"Ah ben moi, monchéri, avec ma carte de fidélité Leclerc, je compte des points bonus qui, au bout de 15.000 € d'achat de petits suisses me donneront droit à un porte clef".

Et enfin, du vécu, du vrai, à la caisse du Champion : "z'avez la cart'champion ?". "Non". Tu m'as vue hier, tu m'as vue avant hier, je ne l'avais pas, donc, NON, je n'ai pas la cart'champion.

Voyez comme on est, mesp'titscocos. Les jours passent et défilent, identiques et rien ne se passe. Et tout à coup, un jour, deux pubs à la radio et une envie intempestive de coca light soulèvent des montagnes de questions sociologiques, psychologiques, philosophiques.

D'aucuns prétendront que je suis prise de tête.

D'aucuns prétendront que quand on va acheter du coca au champion, on ne fait qu'aller acheter du coca au champion.

Oui.

Ben non.

Dans une autre vie, j'aurais aimé être sociologue, psychologue, philosophe, même.

Parce que j'aime COMPRENDRE.

Comprendre, interroger, questionner, démêler le pourquoi du comment, c'est mon petit plaisir.

D'aucuns disent que je devrais arrêter de faire marcher la tête et laisser marcher le reste. Z'ont p'tête pas tort.

N'empêche que c'est monpetitplaisir.

Donc, ce midi, tout à coup, je m'interroge : "alors, quoi, ils veulent quoi, qu'on soit fidèle ou qu'on soit sans engagement ?". Je veux dire, les gens du marketing ?

Bon, globalement, les gens du marketing ne veulent qu'une chose : nous attacher, nous ligoter, nous droguer à leur produit. Ca, on le sait. Ce qui est intéressant, en l'occurence, c'est de voir quel chemin ils choisissent en ce moment pour arriver à leurs fins.

Parce que, finalement, rien de mieux pour sentir une société que les gens du marketing... Z'ont quelques sous en jeu alors se donnent les moyens et font ça sérieusement, les bougres !

Visiblement, donc, aujourd'hui, on s'interroge sur la fidélité et l'engagement.

Dans notre ère du "j'y ai droit, j'y ai droit" qui me tient tant à coeur comme vous le savez, c'est amusant d'imaginer dans quel sens penchera la balance...

Faut il être libre ou faut il être lié ?

Pour se rassurer, j'entends. La quête numéro 1 des marketeurs étant de rassurer les gens. Et de les rendre "heureux".

Le bonheur dans le petit suisse, c'est très connu !

Alors, mesp'titscocos, faut il être libre ou bien faut il être lié pour être heureux ?

Et, même, l'absence - temporaire et relative - de liberté peut elle mener au bonheur ?

"Mais où veut elle en venir ??", se demandent ils, médusés zet perplexes !

J'y viens.

Vous vous doutez bien que, étant décidément dans une année de décisions, j'ai fait un parallèle avec la vie, la vraie, la grande, pas celle du marketing.

Ce qui m'a fait penser à ça (oui, je me rends compte que je pense tout le temps, mais c'est mon petit plaisir, je vous l'ai dit), c'est mon cours d'escrime.

Oui.

N'y étant pas allée pendant quasiment 4 mois suite à mon déménagement et mes travaux et ma suicidite, quand j'y suis retournée, je me suis ENGAGEE auprès de mon maître d'armes à y aller toutes les semaines, à venir à TOUS les cours. Notez, il ne me demandait rien. Mais j'ai quand même pris cet engagement. Vis à vis de moi même aussi, évidemment.

Eh bien, c'est bête mais, quand vient le jour de l'escrime, et que je suis parfois moyennement motivée, il faut bien le dire, je repense à cet engagement et je ne tergiverse pas plus longtemps : il est évident que je dois y aller. Puisque je me suis engagée.

Et, une fois le cours passé, je suis contente d'y être allée, parce que c'est un sport sympa, parce que j'ai fait de l'exercice et que j'y ai vu tous mescopains. Je me suis donc momentanément privée de la liberté de ne pas y aller et cela m'aura finalement rendue heureuse.

Moi qui prônait la liberté comme la première des valeurs.

Ah ca, franchement, ça me fait drôle.

Evidemment, je ne me suis pas arrêtée là : j'étais bien tentée d'étendre mon champ de réflexion à l'amour, le couple, la vie. Et la forme ultime de l'engagement : le mariage et les enfants.

Bon, je ne crains pas d'aborder ce point, je sais que seuls les plus courageux et les plus solides nerveusement en seront arrivés à ce point de lecture de cet article !!

Le mariage est en effet une privation de liberté. Mais cette privation de liberté apporte le bonheur. Enfin, c'est en tout cas sa vocation. Même s'il y a quelques ratés, reconnaissons le ! Cela démontrerait que l'engagement apporterait le bonheur. Ainsi que la fidélité, que l'on est sensé se jurer forever.

Mais je me demande aussi si l'engagement, au sens formel du terme, n'aide pas au bonheur.

C'est à dire. J'ai dit - à haute voix - que j'allais venir à tous les cours d'escrime. je me sens donc OBLIGEE de venir à tous les cours. Pourquoi après tout ? Des mots sont des mots, des signatures, finalement, ne sont que des gribouilles sur un bout de papier. Et les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent et les croient.

Alors appelons ça morale ou fierté ou rigueur ou valeur ou colonne vertébrale. Je tiens mesengagements donc je me tiens debout, je me tiens droite.

Idem pour le mariage. (les enfants, c'est différent, j'espère qu'on fait attention au reste parce qu'on fait attention à eux, pour leur bien). Je me suis mariée, j'ai pris un engagement auprès de quelqu'un, j'ai signé, je l'ai fait devant mafamille et mesamis, je me dois de m'y tenir. Même si l'Autre me casse les pieds, parfois. Je dirais même que, sûrement, ça peut m'aider à m'y tenir, les jours de tangage.

Parce que je me suis engagée. Parce que j'ai une colonne vertébrale et que je veux pouvoir continuer à me tenir debout.

L'engagement m'aide. Enfin, m'aiderait, évidemment, vous avez compris.

Je décide de construire quelque chose avec quelqu'un, pour des raisons romantiques ou pour des raisons plus lucides, je décide donc de m'engager - formellement - pour avoir un soutien de plus dans monentreprise. Autrement dit cet engagement sera comme une motivation supplémentaire à ne pas baisser les bras, comme un garde fou, comme une protection contre les vents contraires. Et me mènera peut être - au final - après "analyse de l'ensemble de la situation", soit à l'heure de la grande vieillesse - au bonheur.

Je me rends bien compte que ce que je dis est abstrait. Et s'appuie sur des valeurs personnelles qui pourraient très bien s'essuyer d'un revers de manche. Parce qu'après tout, après la mort et la maladie, rien n'est grave. Même ne pas respecter ses engagements. Après tout.

C'est sûr.

Ce que je dis est démodé, non ?

Notre société a t elle envie de l'engagement ? Moi même ai je envie de l'engagement ? Tellement apparemment plus austère que la liberté ? Notre société est elle capable d'engagement ? Suis je capable d'engagement ?

Nos candidats à l'élection s'engagent. Mille fois par jour. Tiendront ils leurs engagements ? Cela nous importe t il, finalement ? Leur en tiendrons nous rigueur ? Le remarquerons nous seulement ?

J'ai horreur des "c'était mieux avant" et "les jeunes d'aujourd'hui", vous ne m'entendrez d'ailleurs jamais parler comme ça, mais, c'est une question tout de même assez importante, non, de se demander si on vit une époque d'engagement ou pas ? Non ?

Si la parole donnée, engagée, est une valeur qui nous sert encore de colonne vertébrale ? Si nous croyons encore que l'engagement - à une personne, à une décision, à une cause, à des valeurs, peut nous apporter le bonheur, à long terme ?

A long terme.

Voilà peut être le mot clef.

Nous n'avons jamais vécu aussi longtemps en moyenne et nous n'avons jamais si peu vu et pensé à long terme...

"J'y ai droit, j'y ai droit", ça s'accompagne rarement du long terme. C'est plutôt du "maintenant, tout de suite".

Je crois, mesp'titscocos, que nous vivons dans une société du court terme.

Le bon côté, c'est "carpe diem".

Le mauvais côté, c'est "moi d'abord" et "après moi le déluge !", la planète qui fout le camp et les gens qu'on piétine, de toutes les façons.

Je vous dis ça, ce sont des questions que je pose. Moi même je ne sais pas quoi en penser réellement, je n'ai pas vraiment de réponse.

Je me demande juste si l'engagement ne me conduirait finalement pas vers le bonheur...

Même si je n'ai vraiment pas l'intention de prendre la cart'champion !

 

Par Caro - Publié dans : lapetitevadrouille
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