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Dimanche 10 février 2008 7 10 02 2008 10:40
Voyez comme vous êtes, mesp'titscocos, j'allais revenir sur mon changement de cap et vous faire un article du dimanche matin, "à l'ancienne", sur ma soirée d'hier à la Favela Chic où une de mes amies fêtait son anniversaire.
J'allais vous dire que je m'étais habillée comme jamais je m'étais habillée, qu'il y avait 10 filles pour un homme et que, globalement, tout mon groupe (une vingtaine de personnes) avait l'air d'avoir 1000 ans, vu que la moyenne d'âge était d'environ 23 ans !
Vous dire aussi, en militante que je suis, que l'interdiction de fumer dans les restos, les bars et les boîtes est une REVOLUTION et un PROGRES de folie...
Bon, j'allais vous dire à quel point j'avais envie que quelqu'un me prenne dans ses bras etc etc etc.
Pour rassurer Arnaud, Caliméro n'a pas disparu... Mais Caliméro se montrera moins à vous. Pour moins se montrer, tout simplement.
J'allais donc vous faire un article sur tout ça et voilà que vos commentaires (merci Joke, pour votre passion) me pousse à continuer le débat et préciser mon propos de la dernière fois.
Tout d'abord, je ne cherche pas à faire de politique dans le sens "gauche/droite", ni à exprimer d'idées politiques à proprement parler. Je cherche à être ce que je suis : un mélange d'idéalisme forcené et de pragmatisme quotidien. J'ai la grande naïveté de croire que tout cela est conciliable. D'ailleurs, pour être honnête, c'est ce qui occupe une grande partie de mes journées et, il faut bien le dire, une grande partie de mes pensées (même si je vous les ai bien cachées jusqu'ici, coquine que je suis !).
Et puis, comble de le folie et de la prétention, je cherche à donner de l'espoir aux gens.
Le seul point politique qui pourrait nous opposer, mon cher Joke, c'est sur le rôle que nous donnons à l'individu. Je serais plutôt du genre : AIDE TOI TOI MEME, tu verras après ce que les autres peuvent faire pour toi.
Mais, évidemment, je suis d'accord avec vous sur l'idée de règles...
Ce que je voulais dire et ce qui me navre à l'échelle de notre pays, c'est que nous sommes en train de nous laisser engloutir par nos vieux réflexes et nos vieilles querelles : l'arrogance et le refus d'apprendre des autres.
A force de se regarder le nombril, on ne se fait du mal qu'à soi même.  Les autres s'en fichent qu'on s'autoflegelle et qu'on sclérose toutes les richesses et les énergies de ce pays : ils avancent sans nous. Nous avons la prétention et l'obscurantisme de croire qu'ils vont nous attendre ou - mieux - nous suivre ! Mais non !!
Il faut regarder autout de soi, c'est important. Regarder les pays qui avancent. Regarder l'énergie qui s'en dégage. Regarder les succès. Ajustons ensuite sur les régles à mettre en place.
Mais ne nous laissons pas enterrer vivants. Ne cédons pas à la tentation de ceux qui nous disent qu'il vaut mieux que rien ne change, jamais, pour préserver ce qui, tôt ou tard, disparaîtra de toute façon, puisque nous ne décidons déjà plus à l'échelle de notre pays.
En ce moment, je me tourne beaucoup vers les pays émergents, et plus particulièrement les pays de l'ancienne Europe communiste. On y voit une soif d'initiative et une soif de vivre que, je suis désolée, nous n'avons plus ici, en tout cas, à titre collectif.
Et j'ai la faiblesse de croire que l'énergie et l'initiative individuelles sont bonnes pour le collectif.
Je voudrais qu'on arrête d'opposer les "grands méchants" aux "petits gentils". Parce que c'est une manière de maintenir le "petit" et le "pauvre" dans sa situation... Et, de fait, d'être, quelque part, bien sûr, que le "grand" et le "riche" restera dans la sienne... C'est finalement assez pervers, cette façon de dire : "je m'efforce de rendre ta condition de pauvre meilleure pour que tu n'aies pas envie d'en changer"...
C'est un peu provocateur, mesp'titscocos, je vous le concède (je vois Joke s'étrangler sur sa chaise !!) mais est ce que ce ne serait pas un tout petit vrai ?
Regardez les banlieues : Il y a une réalité de misère et de difficultés, c'est indéniable. Certes. Bon. Une fois qu'on a dit (et montré, et montré et encore montré) ça, qu'est ce qu'on fait, qu'est ce qu'on dit ? "C'est terrible chez vous mais si on vous mettait un terrain de basket ça irait mieux "?
Si, plutôt, on encourageait, valorisait, favorisait l'initiative individuelle qui permet l'évolution d'un individu, est ce que ce ne serait pas mieux ?
Parce que la règle est simple, si on part du postulat que chacun a un talent :
1- une loco : son rôle est d'avoir une idée - je dirais une "ENVIE", son talent est d'avoir un charisme, une énergie qui lui permette de dire aux autres : suivez moi, c'est possible
2- des partenaires, soit les employés d'une entreprise, soit d'autres employés d'autres entreprises : leur talent est d'avoir le savoir faire pour mettre en oeuvre (ou améliorer ou concrétiser) l'idée de la loco
3- des gens qui travaillent pour fabriquer, produire : leur talent est d'avoir la technicité (acquise par la formation et le talent individuel) pour faire naître le produit conçu par la loco et le groupe 2.
Avec un tel raisonnement (qui n'est pas utopique, encore une fois c'est mon quotidien, donc je pourrais vous le démontrer à l'infini), on arrête de penser qu'il y a les bons et les méchants et on donne à chacun la chance de reconnaître son talent et de se réaliser individuellement. Sachant qu'il faut - une bonne fois pour toutes - arrêter de penser que nous avons tous les mêmes talents et qu'il faut nous opposer les uns aux autres : regardez une équipe de rugby ou de foot ou de ce que vous voulez : ce qui fait que ça marche, c'est la mise en commun des talents. Eh bien certains ont le talent d'avoir des idées, d'autres celui de les rendre concrètes et d'autres celui de produire le fruit de ces idées. Les talents pouvant bien sûr s'acquérir au fil du temps.
Il n'y a pas un talent plus noble que les autres ou un talent plus condamnable que l'autre. Il y a juste qu'il faut accepter de les mettre en commun. Et arrêter de penser que cela se fait sans travail et sans énergie : une voiture ne roule pas toute seule !
Par Caro
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