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Je suis Caroline, j’ai 35 ans.   

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Vendredi 7 décembre 2007 5 07 /12 /Déc /2007 23:04
J+6 : mes cheveux, ça va pas du tout.
Je suis passée de Farrah Fawcett à Sue Ellen...
Zut, on a merdouillé sur ce coup là...
Par Caro
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Mardi 4 décembre 2007 2 04 /12 /Déc /2007 22:53
Je me croierais presque un zomme politique, mesp'titscocos, mais, je le répète, c'est l'année du changement.
J'ai d'abord changé de tête. Avec un succès, disons, mitigé !
Ma mère adore. Mes collègues affichent depuis hier un sourire un peu gêné qui me fait dire que ce n'est peut être pas hyper réussi. Moi même j'évite de trop me croiser dans le miroir, craignant de me demander ce qui m'a pris et ce que j'ai fait à mes cheveux...
Disons que je n'avais encore acheté le gel fixant qui doit donner à ma coiffure le côté "sauvage" (je cite le coiffeur) qu'elle mérite. Je l'ai acheté ce soir, verdict demain.
Reste à savoir si je vais être compétente en matière de gel fixant...
Bon. Disons que ce sera bien. Une collègue m'a dit que ça me rajeunissait, c'est déjà un super point !
C'est juste que cette coiffure est sensée souligner mes yeux (ce que j'ai de mieux). Donc je passe du temps le matin à me faire l'oeil charbonneux comme il se doit.
Le changement est un business à plein temps.
Vous ne croyez pas si bien dire.
Bon.
Je vous le dis ou je ne vous le dis pas ?
J'hésite.
Je suis un peu toute honteuse.
Bon en même temps je n'ai tué personne.
Mais, oui, j'ai un tout petit peu honte.
Allez, allez, puisque je suis là, je me lance.
En termes de changement, donc, mes chers concitoyens, il y avait quelque chose qui me chagrinait depuis un moment. Depuis 10 ans en fait.
Voilà. Bon. Comme ça, ça a pu faire illusion. (peut être qu'à moi après tout, mais, c'est bien connu, on est toujours le dernier à se voir vraiment).
Mais, là, avec l'année du changement, ça ne faisait plus illusion du tout.
Ni toute nue, ni dans mes habits.
Ni dans ma salle de bains, ni devant mon placard, encore moins dans les magasins.
Je suis devenue grosse.
Ooooh. Je vois déjà hurler ceux qui me connaissent (oui, s'il vous plait, hurlez, les gens, n'approuvez pas trop vite !). Oui, grosse.
Attention, pas grosse spectaculaire, du genre grossegrosse.
Non, grosse ordinaire.
Du genre de la fille mal dans sa peau qui se laisse aller, qui bouffe des pains au lait ou du nutella pour oublier et se faire du bien où ça fait mal et qui, avec le temps, n'a pas vu ses bras grossir, son double menton poindre et ses bourrelets flotter au vent.
La grosse ordinaire qui a 10 kilos de trop, des kilos de déprime, des kilos de "àquoibon".
Oh je vous rassure, visuellement, c'est pas énorme énorme 10 kilos. Surtout quand ils arrivent en 10 ans.
Mais le jour où on se met à les voir on ne voit plus que ça.
Le jour où les gens qui vous aiment ont intégré le fait que vous étiez "ronde" alors que vous continuez à penser qu'ils parlent de quelqu'un d'autre, vous vous dites qu'il faut faire quelque chose.
Le jour où vous ne pouvez plus aller à l'escrime parce vous ne fermez plus votre costume et que même si vous finissez, en torturant cette pauvre fermeture éclair, par le fermer, batailler dedans devient une véritable torture, vous vous dites qu'il faut faire quelque chose.
Et, comme ce jour là est l'un des premiers jours de l'année du changement, vous vous dites qu'il y a un diable qu'il faudrait vraiment prendre par le bon endroit.
Ce que je fis, mesp'titscocos.
Voilà.
Je me lance, je vous le dis, ne trépignez pas.
Ils faisaient une offre de bienvenue et offraient les droits d'inscription si on imprimait le petit bulletin trouvé sur internet.
Bon, oui, je me suis inscrite à Weight Watchers...
Humm.
Ca fait un peu mal par où ça passe.
Mais d'abord, j'assume. Enfin, je sais qu'il faut que j'assume et que ce n'est pas honteux.
Ce qui serait honteux, de toute façon, ce n'est pas de s'être inscrite, mais bien d'avoir laisser ces kilos s'installer.
Donc je suis allée aujourd'hui à ma première "réunion"... Comme dit l'animatrice (une dame qui a fait le programme et perdu 20 kgs : quand on la voit, IMPOSSIBLE de l'imaginer avec 20 kgs de plus - encore moins la dame de l'accueil qui dit avoir perdu 40 kgs...), quand on arrive, à reculons, "on se dit qu'on va atterrir dans un endroit entre réunion tupperware et alcooliques anonymes" !
J'avoue, c'est un peu ça. Et croyez moi, il faut une bonne dose de courage et d'humour pour franchir la porte.
Mais je l'ai fait.
M'ont pesée. Humm. Pas vraiment surprise, je m'attendais au résultat. J'ai rempli une fiche, payé mes 4 réunions d'avance (38€ pour 4 réunions ou 10€ la réunion à chaque fois), puis j'ai assisté à la réunion.
Première surprise : c'était plein ! Au moins 35 à 40 personnes !
Que des femmes. A croire que les hommes n'ont pas besoin de maigrir ou que, justement, ils n'assument pas le côté "tupperware/alcooliques anonymes" !
Deuxième (très grosse) surprise : la moyenne d'âge. Très jeune, j'ai trouvé, pour ce genre de chose. La majorité des femmes avait entre 25 et 40 ans. Je suis donc dans la moyenne, voire au dessus.
Des femmes de toutes sortes : encore rondes, pas rondes du tout (ce sont celles en "stabilisation"), des femmes qui ne veulent perdre que 4 kilos, des femmes qui en ont perdu 27 et en ont visiblement encore autant à perdre, des bècebèges, des sexys, des modernes, des élégantes, des qui sentaient pas bon, toutes sortes. Avec le même but.
A vrai dire, je connaissais déjà le système car je l'avais fait chez moi (et perdu 6 kgs - repris). Ce n'est pas pour faire de la pub mais le slogan dit : "arrêtez les régimes, commencez Weight Watchers" et c'est un peu ça. Tout est permis. Mais pas tout le temps et pas tout en même temps. Et, surtout, le jeu consiste à manger (plutôt beaucoup) et à se faire plaisir. Bon il est certain qu'il vaut mieux faire pivoter son curseur du plaisir du nutella vers les haricots verts, bien sûr, mais on n'a rien sans rien.
Voilà.
Maintenant que je vous ai dit ça, je crois que je n'ai rien de pire à vous dire...
Mais je me lance, c'est l'année du changement.
Alors j'ai acheté la balance à points et les petites cuillères doseuses et en avant : je commence demain !
Va falloir faire des courses sérieuses, cuisiner, avoir de l'imagination et, surtout : anticiper.
Tout un programme, mesp'titscocos.
Me voilà vraiment zomme politique !
Par Caro
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Lundi 3 décembre 2007 1 03 /12 /Déc /2007 22:07
Par Caro
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Samedi 1 décembre 2007 6 01 /12 /Déc /2007 18:21
Tout d'abord, merci à tous pour vos messages pour mon anniversaire, ça m'a fait très plaisir et ça m'a bien aidé à passer ce cap...
Pour Cabourg, je vais vous faire un article en début de semaine prochaine car j'ai fait plein de photos mais je n'ai pas encore eu le temps de tout mettre en forme.
Enfin sachez surtout que, perdue sur ma grande plage, sans personne à la ronde, j'ai choisi de me dire que l'année de mes 35 ans serait une année de changements...
Tout d'abord, je vais reprendre une analyse pour me "décoincer de l'intérieur". Bon, ça commence mal, mon ancienne psy d'il y a 10 ans que j'avais recontactée est morte il y a 3 ans... (ah quand ça veut pas, ça veut pas !!!). Faut que je trouve quelqu'un d'autre.
Le 1er GRAND CHANGEMENT en tout cas a eu lieu aujourd'hui : CHANGEMENT DE COIFFURE !
Radical.
C'est beaucoup plus court et beaucoup moins blond et beaucoup moins "classique".
Faut que je m'y fasse mais on me dit que ça me va bien.
Je vous ferai une photo et vous montrerai tout ça.
Pour la suite je vous tiendrai au courant.
Bon week end mesp'titscocos.
Par Caro
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Mercredi 28 novembre 2007 3 28 /11 /Nov /2007 09:05
Je me lève. J'ai 35 ans. Je pars à la mer.
Par Caro
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Dimanche 25 novembre 2007 7 25 /11 /Nov /2007 18:04
J’adore les fanfares.
Les fanfares ont le don absolu et rare de me donner goût à la vie.
Je donne toujours des sous aux fanfares.
Je préfère les fanfares "gratuites", celles qui se forment sur une place de marché ou autre et qui n'ont pour but que d'égayer le lieu et donner du bonheur aux gens.
Généralement, les gens envoient leurs petits gamins jeter quelques pièces dans l'étui à instrument posé devant les musiciens, parce qu'ils n'osent pas s'avancer eux mêmes. N'ayant pas de petit gamin à envoyer, je prends toujours sur moi et vais devant tout le monde mettre mes sous dans l'étui.
Je m'arrête toujours pour écouter les fanfares. Je ne suis jamais pressée quand il y a une fanfare.
De toute façon, je ne suis pas assez occupée pour être jamais pressée.
J'aime les fanfares, les lampes et les passions.
Tout ce qui amène la lumière.
Je me suis rendu compte cette semaine que je ne me perds jamais autant que quand je suis loin de mes émotions, quand j'oublie que je suis faite de passions et de sentiments. Je ne me perds jamais autant que quand je ne cherche plus la lumière.
Chaque fois, enfoncée dans mon tunnel à un point que je ne réalise même pas, une pétite étincelle, une petite émotion, m'interpellent et me rappellent que je ne dois pas trop m'éloigner de la lumière.
On se laisse assombrir sans s'en rendre compte. On a tort de ne pas être vigilant. On a tort d'aller contre sa nature.
Le Père Noël m'a amené en avance une nouvelle lampe. Sublime. Dans mon appartement de 39m², maintenant, hors les plafonniers, il y a 7 lampes. Chacune amène l'ambiance et l'atmosphère qui font mon cocon. Chaque luminosité me raconte une histoire.
A force de vivre seule, j'écoute les lumières, vous voyez où j'en suis !
Hier, là où j'étais, je suis tombée sur un reportage sur un homme qui conduit des trains et qui a pour passion la "photo ferroviaire", c'est à dire qu'il prend en photo, dans le monde entier, tout ce qui a plus ou moins rapport avec les trains. Il est banal cet homme. Et pourtant, dès qu'il parle de sa passion pour le ferroviaire et la photo ferroviaire, il en devient exceptionnel. Illuminé. Dans le bon sens du terme.
La passion illumine de l'intérieur.
J'ai une grande passion pour les passionnés.
Chaque fois que la passion s'est éloignée de moi (ou que je l'ai éloignée), j'y ai perdu un peu de mon sel, un peu de ma sève, un peu de ma force de vie.
Depuis longtemps, je crois, j'ai perdu ce sel là.
Ce n'est pas normal. Car cette sève est celle qui coule dans mes veines depuis toujours. Je le sais. Je suis faite de ça. Et pourtant, mon combat quotidien pour accepter la vie que je mène, m'éloigne de ça.
Bouche mes branchies, on pourrait dire.
Quel dommage.
La respiration.
Mon thème du moment.
Je m'en suis rendu compte, donc, cette semaine.
J'ai croisé monaméricain, ça pourrait être anecdotique. Ca l'est d'ailleurs. Devant chez lui, avec sa fille, dans la plus belle ville du monde.
Comme il sait que je ne suis plus agressive et peureuse, il m'a fait un gentil petit signe de la main puis m'a souhaité "happy thanksgiving", c'était donc thanksgiving et, pour les Américains, c'est la plus grande fête de l'année.
Nous avons papoté cinq minutes. C'était rien. Toute la complicité est revenue. En tout cas pour moi.
C'était, comme aurait dit ma grand mère, un "gentil" moment. Je lui ai envoyé un sms, juste après (plus son numéro dans le portable mais toujours dans la tête, allez savoir) : "it was good to see you two". C'est ça, c'était "bon" de le voir. Ce n'était pas "bien", c'était "bon", un peu comme du miel sur un mal à la gorge, comme une pommade sur un bobo qui fait mal.
Tout à coup, j'ai tout retrouvé : le plaisir de le voir et de lui parler, curieusement jamais démentis. Tout à coup, la petite lumière en moi s'est rallumée. Pas la lumière pour lui (enfin si, mais ce n'est pas possible), mais ma lumière intérieure avant tout.
C'est le passé, c'est pas l'avenir, c'estpasgrave.
Mais je me suis rapprochée de mon émotion, donc de moi même, avec cette rencontre qui ne sera jamais anodine.
A quoi bon aller échafauder des plans, à quoi bon toutes ces contorsions pour me faire rentrer dans un cube qui me rend malheureuse alors que je ne sais vivre que dans l'émotion ?
Vous savez, ça m'a rassurée de voir que la lumière en moi pouvait se rallumer.
Parce que la lumière et la fanfare et la musique, c'est tout ce que je ne vois PLUS dans le miroir quand je me regarde, depuis longtemps déjà.
Alors que la lumière et la fanfare et la musique, c'est ce qu'on voyait de l'enfant que j'étais.
Je ne peux pas vivre dans le noir et le silence.
Certains peuvent. Mon "ex" copine V., celle qui m'a donnée mon "congé" après un an de "bons et loyaux services" (enfin selon mon interprétation, évidemment, pas selon la sienne), s'est par exemple dite "soulagée d'avoir retrouvé sa vie d'avant", c'est à dire sa vie où je n'étais pas là pour faire des choses avec elle à tout bout de champ.
C'est pour moi si incompréhensible, ces choix de vivre dans le noir et le silence...
Enfin, mon noir et mon silence ne sont pas ceux des autres, certainement.
Cette nuit j'ai rêvé que je l'engueulais. Je l'ai engueulée dans mon rêve comme j'aurais voulu le faire dans la vraie vie. J'ai fait parler cette colère que j'avais alors que je n'ai su qu'être bouche bée devant elle, tellement j'étais surprise et choquée de ses propos et de son attitude.
La nuit d'avant j'ai rêvé que monaméricain sortait avec une très jeune femme qui était - contre son gré à lui qui l'ignorait encore - enceinte de lui.
Si je recommence à rêver, alors c'est que je recommence à comprendre la vie et que j'écoute à nouveaux les lumières...
Bonne semaine mesp'titscocos.

Par Caro
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Jeudi 22 novembre 2007 4 22 /11 /Nov /2007 22:45
Il y a des êtres qui résonnent en nous.
Par Caro
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Lundi 19 novembre 2007 1 19 /11 /Nov /2007 22:46
Avez-vous entendu (ou vu), mesp'titscocos, cette histoire à propos d'un Paul qui dit à une Emma qu'il l'aime et qui lui demande de revenir ?
Ce sont des pubs qui passent à la radio etc...
Ca m'a tout de suite interpellée.
Parce que le message ne vante rien. Il parle juste d'un Paul qui aime une Emma qui l'a quitté il y a peu, et il la décrit et il dit qu'il l'aime comme un fou, qu'elle est belle et merveilleuse etc, qu'il s'est comporté comme un idiot et qu'il voudrait qu'elle revienne.
Assez vite, je me suis dit que ça devait être une nouvelle campagne de pub pour un opérateur téléphonique, que nous allions découvrir dans quelques jours et quelques spots de pub plus tard que "grâce au téléphone machin, la fameuse Emma était revenue" etc etc...
Et puis, aujourd'hui, j'ouvre le Elle. Et je tombe sur une page entière de pub du fameux Paul. Qui donne l'adresse d'un blog : www.emmajetaime.com. Alors, je me dis "ça, c'est dingue" et je vais voir le blog.
Apparemment, je dis bien "apparemment", il s'agit d'une vraie histoire et ce type existe vraiment, et Emma aussi, et il a vraiment envie qu'elle revienne.
Visiblement, pour la reconquérir et lui prouver son amour, ce type aurait acheté (?) des pubs sur toutes les radios (dont les généralistes, au moins Europe 1 en tout cas), plus une page de pub dans Elle (et peut être ailleurs) et, ce soir il l'annonce dans son blog, des pubs à la télé (câble) !!
Incroyable, non ?
Je ne sais pas si ce Paul a réellement payé ces pubs, s'il est milliardaire ou quoi et, surtout, si cette Emma va revenir, mais, en tout cas, je trouvais que ça avait de l'allure, du panache, le truc !
Non ?
Par Caro
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Vendredi 16 novembre 2007 5 16 /11 /Nov /2007 20:49
Non, je ne suis pas morte, mesp'titscocos.
Mais je me tais...
... parce que je n'ai rien à dire, en fait.
Ca ne se fait pas, mais le monde m'indiffère.
Mes questions m'indiffèrent. Je n'ai pas de sentiments ni d'émotions.
Je suis imperméable.
C'est une des ces périodes où je suis là sans être là.
Je suis comme une poupée de chiffon qu'on enlève de sa boîte et qui s'anime pour aller au travail. Là, je parle, je ris, je râle, je me concentre, je fais des blagues, je dis qu'il faut arrêter de fumer et manger des légumes. Je suis créative et ça marche plutôt pas mal. On me dit que je suis mieux avec des talons et des colliers partout alors je porte des talons et des kilos de colliers.
Je suis insoupçonnable.
Ils ne savent pas que, quand je quitte le travail, je redeviens cette poupée que l'on range dans sa boîte et qui ne parle plus à personne, qui ne voit plus personne.
Parce que y'a personne.
Je m'occupe. Je ne m'ennuie pas.
Mais l'air ne passe plus à travers moi.
D'ailleurs, j'ai mal partout parce que je ne respire plus : j'ai mal au ventre, j'ai mal à la tête, j'ai mal au dos. Toujours un petit bobo quelque part. Je croyais que c'était parce que je vieillissais. Non, c'est parce que je ne respire plus.
Je ne suis pas morte, je ne respire plus. C'est pas pareil.
Je vois mon visage vieillir.
Je vois mon corps sans air.
Je vois mon coeur sans amour.
Je vois qu'il est usé, mon coeur, de ne pas avoir d'air alors, à force, ça ne lui fait plus mal, il s'en fiche.
Bon, ne vous méprenez pas, ça va très bien. Ce n'est pas triste. Même si ce n'est pas gai non plus.
C'est comme ça. C'est ma vie.
Une poupée de chiffon qui ne s'anime qu'aux heures ouvrables.
Parfois j'ai envie d'exploser.
De partir sur l'océan, d'être dans la tempête, de changer de tête, de changer de vie.
J'ai envie d'air. J'ai envie de vent.
Un vent qui me traverserait le corps.
Qui ranimerait la poupée.
Par Caro
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Vendredi 9 novembre 2007 5 09 /11 /Nov /2007 20:57
Le pouvoir des mots.
Je crois que les parents devraient parler à leurs enfants de leur vie d'avant. Leur vie d'avant eux. De leur vie pendant que leurs enfants étaient petits.
Je crois que les parents devraient raconter à leurs enfants ce que leurs souvenirs ne peuvent pas imprimer.
Après le fameux article effacé, j'ai écrit un long mail à ma mère, comme ça, un soir de cette semaine. Pour lui dire tout ce que je vous avais dit. Pour lui dire directement.
Enfin, lui "dire", pas vraiment. Je n'aurais jamais eu le courage de lui "dire". Je lui ai "écrit". Plus simple pour moi. Plus facile.
Je ne l'avais pas prévenue. Elle a reçu ce mail comme une surprise. Une drôle de surprise. Le sujet ne nous était pas inconnu, mais le sujet restait incomplet entre nous.
Ca m'a secouée de l'écrire, ce mail. Ca l'a secouée de le recevoir. Lui a fait revivre des choses qu'elle n'avait pas prévu de revivre par hasard. Mias elle a eu le courage de me répondre. Par écrit, mais à la main.
Où l'on voit que le clavier de l'ordinateur ne dira jamais ce que dit le tremblement ou la bousculade d'une écriture...
Elle en a bavé à m'écrire cette réponse en deux fois. Elle en a mal dormi. Elle dit que je lui ai fait sortir des choses qu'elle n'avait jamais exprimées.
Elle a voulu scanner sa lettre mais le poids du fichier était trop lourd alors elle m'a appelée un matin pour me dire : "je t'ai répondu mais je ne peux pas te l'envoyer par mail alors je te l'ai envoyée par courrier. mais tu ne l'auras que demain".
J'étais anxieuse.
Je me disais qu'avec mes histoires j'avais remué des trucs difficiles. Des vieux trucs. Des trucs de presque 35 ans.
"Tu pouvais pas rester tranquille avec tes vieilles histoires ??", je me disais...
Le lendemain, hier donc, j'appréhendais ce courrier.
Je suis allée le chercher à midi. Avec ma facture EDF.
J'ai lu la lettre dans ma voiture. Je ne savais pas du tout ce que j'allais y trouver. J'ai été surprise car l'enveloppe était grosse et, à l'intérieur, il y avait... mon carnet de santé !
"Elle ne veut plus me voir", j'ai pensé. Elle me rend mon carnet de santé comme pour me dire : "ma mission est terminée".
Justement, il n'y a pas très longtemps, le médecin m'avait demandé de quand dataient mes derniers vaccins et je m'étais demandée où se trouvait mon carnet de santé.
Et puis j'ai lu la lettre.
J'avais des grosses larmes qui coulaient sur mes joues.
Après je conduisais, parce que je devais retourner à mon bureau, et mes grosses larmes coulaient toujours, lentement, sinueuses, profondes, marquant bien leur chemin.
J'ai pensé que je ne pouvais pas retourner travailler. Que je ne pouvais pas jouer à wonderwoman après ce que ma maman veut de me dire d'elle et de moi et de nous.
Je n'avais pas compris car je pensais, égocentriquement, que la vie commençait avec moi : mais non, ma mère a eu une vie avant, évidemment.
Elle ne m'en avait pas parlé. Enfin pas comme ça. Pourtant, nous parlons beaucoup et depuis très longtemps.
Elle m'a parlé d'elle. De ses parents. De mon arrivée dans sa vie. Sans chercher à rendre les choses plus belles ou plus laides qu'elles n'étaient. Elle m'a dit des choses très intimes sur elle et sur moi. C'était un cadeau, quand même, que ma mère accepte de me livrer tout ça. Même si je l'avais poussée dans ses retranchements, sans le savoir.
Il faut un sacré courage aux parents pour parler à leurs enfants de leur vie d'avant...
Et puis, finalement, je suis quand même retournée au bureau et j'ai quand même réussi à jouer à wonderwoman.
Comme quoi, hein, elle est fortiche wonderwoman !
Mais j'étais vidée, quand même.
Le soir en rentrant, j'ai relu la lettre.
Et mes grosses larmes sont revenues.
Alors je suis allée marcher dehors et j'ai appelé ma mère. J'appréhendais. Je m'en voulais un peu de l'avoir forcée à me dire tout ça, je m'en voulais de l'avoir mise dans cet état. J'avais peur aussi qu'on se soit un peu perdues.
En fait non. Elle attendait mon coup de fil. Elle était plus sereine que moi. On a reparlé de tout ça.
Elle m'a redit ce qu'elle m'avait écrit : "on m'a volé ta naissance et on t'a volé ta venue au monde". Et plein d'autres choses aussi. Elle m'a dit aussi que ce n'était qu'une période dans une histoire de 35 ans et qu'il ne fallait pas que ça compte plus que le reste. Elle m'a dit aussi que maintenant elle m'avait tout dit et que c'était à moi, désormais, de construire mon chemin personnel. 
Je ne sais pas encore bien quelle résonnance aura tout ce que j'appris de mon histoire sur mon histoire d'aujourd'hui. C'était destiné à m'apaiser. Il faudra un peu de temps, j'imagine, pour que je m'imprègne de tout ça, de la certitude d'avoir été et d'être aimée.
J'ai envie aujourd'hui, vraiment, de laisser ma vie d'avant derrière moi. Je sais malheureusement que ça ne se fera pas en un claquement de doigt.
Ma mère dit qu'elle est confiante.
Pourvu qu'elle ait raison.
Je ne suis pas sûre que j'aurais le courage de parler à mes (éventuels) enfants de ma vie d'avant...
Par Caro
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